CONAKRY-GUINEE

Lundi 20 novembre 2017

Bienvenue et merci de nous rejoindre dans notre aventure guinéenne.

Avant de poursuivre, voici un bref retour sur les deux semaines que nous venons de passer : des semaines chargées en émotions, durant lesquelles nous avons appris davantage à vivre "à la guinéenne"! c'est en moto-taxi que nous nous déplaçons désormais pour aller rejoindre nos 3 groupes de travail respectifs : Hélène et moi au Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG) et Romain à la Maison des jeunes de Ratoba.

Nous avons profité du paysage et de toutes sortes de choses plus surprenantes encore les unes des autres... mais ne nous laissons pas distraire, continuons le récit ...
A notre arrivée, nous avons été répartis dans différents groupes pour travailler sur les maquettes que nous allions présenter lors du festival. Nous avions tous les trois, Hélène, Romain et moi, un lieu de répétition différent, ce qui veut dire que nous ne pouvions pas voir le travail des autres, nous allions juste le découvrir au moment du festival. « Nous avions hâte! » 

Mon compagnon Romain a travaillé sur le texte "Zone Franc(h)e" de l'auteur camerounais Édouard Elvis Bvouma dirigé par la metteuse en scéne guinéenne Rouguiatou Camara. (cf. carnet de bord de Romain Bertrand). Hélène quant elle a était dans l'équipe du "Mamba bleu", texte écrit et mis en scène par Stéphane Arcas, auteur et metteur en scène de Belge (cf.carnet de bord Hélène Cerles). Quant a moi, je jouais dans "Intérêts et contreparties", un texte de l'auteur canadien Martin Bellemare, mis en scène par le metteur en scène suisse Jérôme Richer.

Le Festival "L'Univers des mots"commence!

Le festival ouvre enfin ses portes! du monde, beaucoup de monde, allant du spectateur le plus jeune, voir bébé, au plus ancien. Certains prennent le temps et savourent une "Guiluxe" (LA bière locale), d'autres s'agitent dans tous les sens, débordés par l'organisation ; les enfants jouent et courent autour du studio Kira (siège du festival, lieu de répétition et de présentation), dans une ambiance relativement calme, tout du moins au début...
Soudain, un homme apparaît et se met à jongler puis à faire des acrobaties, des saltos d'une main sur la tête de son partenaire, ce que j'ai trouvé plutôt très impressionnant! à vous d'imaginer... il s'amusait "nonchalamment" à faire des acrobaties cela semblait si naturel!
Le festival était lancé !

Nous voilà partis pour une semaine de rencontres, de plaisir et de découvertes.
Les 5 maquettes créées durant la période en amont du festival ont été présentées dans 3 lieux : Les studios Kira, Le petit musée et au Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG)

Ce festival "L'univers des mots" bien que, "petit" festival, a réussi à réunir des artistes, pédagogues, jeunes comédiens et comédiennes, et public des quartes coins du globe, de les rassembler en un seul lieu, pour partager un monde, celui du théâtre et un amour, celui des mots ; c'est dans ce cadre que nous avons fait des rencontres empreintes de  beaucoup d'humanité.
Enfin,  c'est avec tout ce bagage émotionnel, culturel, et humain, que nous avons pris le chemin du retour. Le festival s'est terminé dans une ambiance festive mais un peu triste lorsque nous avons du quitter cette belle équipe.

Qu'est-ce qui m'a marqué lors de cette aventure ? ... c'est ce que j'appelle "voir de l'autre coté de la télé", c'est être sur le terrain et réaliser ce qui se passe autour de soi, comment y vit-on? entendre le quotidien des habitants, qui ont tous pour la plupart, ce même rêve et ces mêmes mots à la bouche «  Je veux partir voir ailleurs ».
Face à leur réalité, on se sent mal du confort dans lequel on vit en France, nous plaignant du moindre souci que l'on puisse avoir. Ces guinéens et guinéennes sont pour moi des exemples, car malgré la difficulté politique de leur pays, les difficultés financières, alimentaires, sanitaires, ils gardent le sourire et n’hésitent pas à vous mettre à l'aise. Alors, sans même vous en rendre compte, ils vous passent leur sourire et vous voilà muni d'un sourire qui vous surprend. Puis on oublie toutes les mauvaises odeurs, les déchets au bord de la route, en front de mer... on est là, à passer un moment très humain avec un ami, un frère.
Dans le travail, je me suis découvert un intérêt pour la mise en scène, un domaine qui, je le pensais, ne m’intéresserait pas. J'ai été surpris et j'espère tout prochainement avoir l’occasion de m'y essayer.